12 mai 2015: Nous partons de bonne heure de Katmandou avec un chargement supplémentaire de plus de 2 tonnes de nourriture destiné au petit village éloigné de Leptung dans le district de Dolakha. En parallèle, le but est de combiner ce trajet avec un examen de l’état général de l’école secondaire Janajyoti.

8-9 heures de trajet et environ 185 km sont prévues jusqu’à notre destination. Etrange sentiment que d’emprunter, en partie, la même route que lorsque nous nous rendions à la fin avril à la frontière avec le Tibet pour nos expéditions. Suite au tremblement de terre du 25 avril 2015, les autorités chinoises compétentes pour délivrer les divers permis d’ascension sur territoire chinois (Tibet) ont décidé de stopper toutes expéditions pour cette saison.

Après un peu plus de 120 km, nous faisons une halte dans un petit village pour manger une bricole. Les villageois sont affairés à mettre un peu d’ordre en cherchant dans les décombres de leur maison s’ils ne trouvent pas un quelconque objet leur appartenant ou qui pourrait servir à la reconstruction de leur nouvelle bâtisse avant la prochaine mousson.

Puis tout s’enchaine très vite…

Un fort bruit suivit d’un épais rideau de poussière et la route qui flotte pour quelques secondes dans les airs…quasi impossible de courir la sensation de surfer sur des vagues en béton étant trop forte…dans quelle direction courir d’ailleurs, la poussière laissée par les quelques maisons qui s’écroulent autour de nous est trop dense pour y voir clair et s’assurer que rien ne nous tombe sur la tête…La panique des villageois ne simplifie pas les choses, nous sommes entourés de cris qui ne cessent que durant les courtes phases de répit entre les différentes secousses…un court-circuit se produit sur l’antenne générale de télécommunication surplombant le village qui s’enflamme, coupant toute connexion avec le monde extérieur…des hélicoptères nous survolent soudainement, alors que quelques blessés gisent parmi les habitants de ce petit village.

Finalement, 3 tremblements de terre (de magnitude 7.3, 6.4 et 5.8) dont les épicentres se trouvent chaque fois à seulement quelques kilomètres d’où nous nous trouvons se produisent.

Nous décidons de ne pas prendre le risque de poursuivre notre route en raison des nombreux glissements de terrains et éboulements possibles et qui se confirmeront à la suite des secousses subséquentes. Nous rejoignons un plateau situé à 2850 mètres d’altitude (un bel endroit en d’autres circonstances) où nous plantons les tentes que nous avons avec nous et mangeons une assiette de riz dans une petite gargote locale. Nous ne sommes pas les seuls à adopter cette stratégie.

13 mai 2015: Le matin tôt nous apprenons que la route pour Katmandou est à nouveau ouverte grâce au travail remarquable des indigènes. A certains endroits, des troupes spéciales d’armées étrangères venues spécialement au Népal après le tremblement de terre du 25 avril 2015 donnent un coup de main. La route reste cependant encore bloquée pour nous rendre à notre destination. Nous pouvons par chance transférer la marchandise au principal de l’école du village où nous devions nous rendre qui se chargera de nous faire un compte-rendu de la distribution sur place.

Lors de notre trajet de retour, nous constatons non seulement que de nombreuses maisons qui tenaient encore debout le jour précédent sont désormais à terre, mais également de nombreux glissements de terrain/éboulements qui bloquent encore en partie des bouts de route.

Quelle aventure!

Les gens à Katmandou dorment à nouveau dehors, ce qui nous reste à faire à nouveau dès notre retour…

En même temps, on observe que de nombreux népalais, une fois le choc passé, se remettent à la reconstruction de leur maison.






























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